Histoire du képi blanc de la légion

Histoire du képi blanc de la légion

Nous serions tenté de croire que la légion étrangère a toujours arboré le képi blanc, et ce dès son origine au XIXe siècle. Or, au début du XXe siècle, le képi utilisé par les légionnaires est encore le képi du modèle 1884, rouge avec le bandeau bleu marqué de la grenade à 7 flammes, insigne de la légion. En campagne, ce képi est généralement recouvert d’une coiffe en tissu blanc, prolongée sur l’arrière d’une nuquière flottante pour protéger le cou des morsures du soleil africain.

Durant la Première guerre, le couvre-képi est kaki, comme toute la tenue du légionnaire en guerre, alors que la reste de l’armée porte des uniformes bleu horizon. La coiffure du légionnaire est alors le casque Adrian kaki.

En 1922, le kepi réapparaît au Maroc, après distribution d’un surplus. Les couvre-képis kakis, qui avaient déjà tendance à s’éclaircir sous le soleil, sont blanchis volontairement par les soldats qui souhaitent retrouver leur silhouette d’avant-guerre. Mais en 1926, le général Rollet, grande figure de la légion érangère, décide que les légionnaires continueront de porter le képi rouge et bleu avec la grenade. Le couvre-képi sera kaki, ce qui déplaît aux légionnaires.

En 1930, les autorités militaires pensent déjà au prochain centenaire de la légion qui aura lieu l’année suivante. La tenue de tradition est réadoptée, et pour les festivités, les soldats du 2e et 3e R.E.I. paradent en képi blanc, à l’initiative du général Richert qui voulait distinguer ses soldats après les durs combats menés dans le Haut-Atlas (le 1er et 4e régiment arborent le képi rouge et bleu). Mais il faut attendre le défilé du 14 juillet 1939 pour que la couleur immaculée de la coiffure deviennent quasi officielle. En 1945, les légionnaires qui défilent en képi blanc se font acclamer beaucoup plus manifestement que ceux qui ne le portent pas, ce qui va amener le commandement à généraliser le couvre-képi blanc. Il faut attendre 1964 pour que l’intendance distribue de vrais képis blancs, ceux qui sont encore portés de nos jours. Les sous-officiers et officiers sont toujours dotés du képi bleu et rouge quant à eux.