Présence signe la scénographie du futur Mémorial de Haute-Alsace à Dannemarie

Vivian MILLET

Pièce maîtresse de la collection, les carnets originaux de Dominique Richert ont été numérisés et sont consultables directement sur un écran tactile. Photo L’Alsace /Vivian MILLET 

Fraîchement arrivée à Dannemarie, Marion Lavaux, 25 ans, prend les commandes du futur Mémorial de Haute-Alsace dans un contexte forcément compliqué. Mais avec des ambitions à la hauteur du lieu et du propos, étayées par une épatante collection et une scénographie bien pensée. Son bureau est encore en cours d’aménagement, tout comme le circuit d’exposition dont les vitrines n’ont pas encore fini de se garnir. Née en région parisienne mais originaire de Dijon, où elle a grandi, Marion Lavaux, 25 ans, vient donc de poser ses bagages dans le Sundgau pour prendre la direction du futur Mémorial de Haute-Alsace , dont l’inauguration est prévue le 9 mai prochain à Dannemarie. Fraîchement diplômée de la prestigieuse École nationale des chartes , archiviste et paléographe de formation, cette passionnée d’histoire entame ici son tout premier poste à la tête d’une telle structure, après un passage à la National Gallery of art de Washington ou comme vacataire à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Arrivée tout début janvier à Dannemarie, Marion Lavaux aura donc la lourde tâche de mettre sur orbite ce nouveau musée consacré à la Grande Guerre et aux singularités de l’histoire locale entre 1871 et 1919, entre faits de guerres, objets 

militaires et références parlantes au vécu des populations civiles durant cette période charnière de l’histoire contemporaine alsacienne. « Dès mes 15 ans, j’avais décidé que je voulais être conservatrice de musée », sourit Marion Lavaux, qui n’avait eu qu’une occasion de visiter l’Alsace, alors qu’elle était en classe de 3 e , avec une visite du Struthof réservée aux lauréats du Concours national de la résistance et de la déportation. Avec un papa lorrain et un arrière-grand-père Malgré-nous passé par le front de Russie, « c’est une histoire à laquelle je peux tout à fait m’identifier », confie la jeune femme. Crise sanitaire oblige, la commune de Dannemarie avait dû opter pour des entretiens d’embauche en visio, fin 2020. Et le maire, Alexandre Berbett, avait jugé « presque inespérée » la candidature de la jeune diplômée. « L’histoire, c’est mon premier amour », insiste Marion. « Et l’Alsace est une région que j’ai toujours voulu découvrir. » Au présent comme au passé. Prendre les manettes d’une structure nouvelle pour laquelle tout reste à faire, « c’est très stressant pour un premier poste et, en même temps, c’est un défi passionnant et très formateur». Gestion des collections et du matériel, participation au programme d’animations ou d’exposition temporaire, accueil du public – et notamment des scolaires, « qui seront un public essentiel du musée » -, communication, mécénat et recherche de financement : « ici, on touche à tout », s’enthousiasme la jeune directrice, appelée aussi à travailler en lien étroit avec les bénévoles de l’association Les tranchées oubliées , qui ont repris depuis peu le chantier de la future tranchée pédagogique. Objectif affiché : « que le musée trouve ses publics » et même qu’il « parle à tout le monde ». Signalons qu’un autre poste d’agent d’accueil et administratif (à temps partiel) est prévu pour épauler la nouvelle directrice. « Un musée d’histoire touche peut-être plus facilement des publics différents », poursuit Marion Lavaux, qui met déjà en avant « un lien profond et intime » avec l’histoire locale : « le musée touche aussi les gens dans leur histoire très personnelle et familiale », avec de nombreuses archives d’époque permettant de valoriser le sort unique du Sundgau au cœur de la Grande Guerre. Un propos servi par une habile scénographie, autour d’une « collection exceptionnelle » d’uniformes et autres objets ou documents d’époque.

Reconstitutions historiques, ateliers pédagogiques, visites virtuelles, applications pour smartphones ou même escape game dans le musée : la jeune directrice fourmille déjà d’idées pour animer et développer le futur musée, voire « attirer des publics un peu plus ciblés ». Quitte à sortir des sentiers battus trop académiques. La crise aidant, « les musées osent beaucoup plus de choses aujourd’hui parce qu’il faut toucher le public virtuellement », observe la directrice. Et le Mémorial compte bien jouer la carte du teasing d’ici son ouverture. En espérant que cette toute première saison soit épargnée par la crise sanitaire. Rendez-vous au printemps.

 

Dannemarie : une jeune directrice pour le Mémorial de Haute-Alsace

Originaire de Bourgogne, Marion Lavaux, 25 ans, vient de poser ses bagages dans le Sundgau pour prendre la direction du futur Mémorial de Haute-Alsace, dont l’inauguration est prévue début mai à Dannemarie. Diplômée de l’École nationale des chartes, archiviste et paléographe de formation, cette passionnée d’histoire aura la lourde tâche de lancer ce nouveau musée consacré à la Grande Guerre et aux singularités locales, entre faits militaires et histoire des populations civiles. Rencontre avec la nouvelle directrice.

Par Vivian MILLET – 14 janv. 2021 à 12:20 – Temps de lecture : 1 min